Hospitalité et convivialité L’expression d’une civilisation
Une antique casbah du Sud du Maroc à proximité du barrage Youssef Bnou Tachefine. Une incursion de citadins dans ce lieu couleur pain d’épices, en dehors du temps. Des femmes drapées dans des haïks bavardent devant une porte. Des enfants joueurs lèchent des sucettes achetées on ne sait où. Un homme sort du groupe et va à la rencontre des visiteurs:
- Marhba! Bienvenue! Rentrez chez nous prendre un verre de thé!
L’invitation aussi spontanée qu’inattendue déroute les touristes. Dans les esprits échaudés par les rumeurs insensées, le mauvais génie de chacun lui fait entrevoir les pires scénarios, aboutissant finalement au refus de l’invitation.
- Ça existe encore un pareil sens de l’hospitalité?
A croire que plus on descend vers le Sud marocain, plus on s’éloigne des villes, plus les règles de l’adab – comprenez un mélange de politesse, d’éthique sociale et de savoir vivre! – deviennent intransigeantes quant au respect dû à l’hôte. Si l’hospitalité n’est pas spécifiquement arabe, il n’en reste pas moins que les fils de Bédouins, les descendants de nomades, les petits-fils des sédentaires des oasis du sud marocain, les disciples des fata (preux chevaliers) n’ont pas oublié qu’un homme d’honneur ne ferme jamais sa porte à un étranger. Cette hospitalité érigée en art de vivre est palpable dans l’architecture et dans la gastronomie, dans l’ameublement et dans les formules de courtoisie …